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21 novembre 2013 – 17:00

Don’t leave me now, de Supertramp en tête. Cette musique enflammée, des années FM. La radio sur les routes. De rares moments musicaux que nous avons partagé, Maman, dans mon enfance. Vu que tu n’étais pas fan.

Tiens, je récupère la stéréo, d’un coup ; & enjoué par la commedia dell’arte, que je sais interpréter à ma façon, avec un serveur italien. Un signe, merci Maman.

Ecouté trop d’ondes perçantes, en concerts et clubs ; comme agressé par des folles furieuses plus d’une fois, hurlant leur éthylisme aux oreilles.

Un boom à l’instant également, cette fois inoffensif, faisant sursauter, mêlé aux odeurs de poulet grillé. Avec les bougies pour compenser la nuit déjà tombée, sur les tables. Et le brouhaha joyeux autour, étouffant un petit son fluet ou lounge.

20 novembre 2013 – 16:47

Un rendez-vous administratif est encore reporté, cette fois à demain matin. Discuté, au passage, avec des tunisiens à la rue, sous la pluie. Nos doigts rapidement gelés.

Mendicité et petits trafics pour survivre. Ils recherchent une vie, quel que soit leur passé (victimes ou criminels, entre les deux, comme tout un chacun). Les afghans pas loin, déjà visités en pleine nuit, sans difficultés.

J’entre voir une expo’, à côté, sur les oubliés de nos campagnes, et ainsi de suite ; en basket, cheveux au vent, même avec une bière à la main.

Personne ne m’emmerde. Je me pose, un siège et ma Red, à température. Petit son funky, de la playlist du moment.

En attendant, du coup, un concert de Frightened rabbit, groupe aérien. Ils envoient, voix claire, envoutante, chargée de douleur, abrupte, anglo-saxonne ; déjà en préparation et balances, à peine déstructurées. Abordant deux titres de leur album Dead now, devant des musicos frenchy patientant, également, enthousiastes. Méga cool comme d’hab’.

Ils n’y ont pas droit, mes acolytes dehors. J’ai essayé de les convaincre, juste une porte à pousser (quelque peu condescendant), au lieu de se grelotter dans le vide, des trottoirs humides. Un vécu si répétitif. Le béton pour décor, un macadam au combien austère. Loin des joies et insouciance que n’importe quel jeune a à éprouver.

Sans succès, se sachant hors codes physiques ou vestimentaires, d’emblée, de culture a priori. On devrait aller en premier se fondre en leur milieu, leurs origines, y consacrer de l’intérêt. Un ostracisme rempant, quotidien, à la place. La haine derrière, sous-jacente, ou l’ignorance, vulgaire.

Ils deviennent durs, souvent, ceux ainsi précarisés par notre monde oui, avec une carapace les coupant de l’évasion promise ou recherchée, comme un retour au pays, apaisé.

Pris par le riff, magique, de la sono. Un saxo’ m’emmenant aussitôt à Washington, le corps se balançant, tel un albatros en contemplation, et surfant en rase-motte, au dessus des buildings.

J’aurais eu un petit mot de toi Maman, encore ici, à me lire, compréhensive, intéressée et interloquée, généralement. Parfois inquiète, mais dans l’empathie, trois fois sur quatre.

19 novembre 2013 – 03:19

J’ai rajouté sur mon mémorial 2.0, quelques morceaux, plus ou moins actuels, auxquels je « pensais » quasi d’emblée, les derniers temps ; ou me laissant prendre par l’émotion, à la fois affreuse et belle.

Ainsi, avec une déchirure extrême, à vaincre ; perturbé par la banalité du quotidien, en devenir, malgré tout. Capté par ce présent alors devenu inutile.

En mode arrêt surtout, pour tenter de digérer la souffrance, une obligation vitale. Et hypnotisé par des mélodies relativement commerciales, pour certaines, du moment, c’est selon.

Des envolées sonores, harmonies célestes (plus ou moins, donc), qui ont bercé mon désespoir, lors de cette période « difficile » ; à réclamer Maman, les bras au ciel, en pleine nature, ou la tête prostrée, dans mes mains, genoux à terre.

Elles occupent encore, en écho, et pour toujours, la perte ; résurgence éternelle, attachée à cette rage, mêlée de mélancolie, déjà lointaine, enfouie, une transpiration des sentiments presque permanente.

19 novembre 2013 – 00:37

Il faut sublimer cette souffrance. J’écoute ces chansons qui m’ont accompagné juste après ta mort.

Un replay providentiel, en attente jusque là, à contempler les songes. Me nourrir de ton absence, fortuite, une fuite, schizophrène.

Channy, infiniment belle, la grâce, intense. Une transe aérienne, un cri, tellurique… Fragile, simple et féminine comme toi Maman.

Le mystère de la vie à percer. Et s’envoler, te rejoindre. Sur un tapis de fleurs. Bouleversé, pleurant du haut de ces nuages, embrumé.