Archives pour la catégorie Maladie

24 novembre 2013 – 16:37

Sur les lieux où l’on était passés avec Maman, lors de ses dernières visites à Paris (en compagnie de Papa bien sur). Jeu de Paume en tête, comme le café bar Sanseveria rue de Rivoli. Un tourbillon d’émotions à repenser à ces moments de joie, malgré la maladie. Maman combattant la fatigue, et le manque de souffle, accompagnée de sa bouteille d’oxygène. Nous savions le temps compté, savourant tout ce qu’il était encore possible de partager. Un condensé d’affect entre nous, déjà bien loin.

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23 novembre 2013 – 01:50

J’ai fait quelques examens début 2013. Après les avoir repoussé de mon esprit, étant relativement jeune, puis finalement demandé malgré tout.

J’avais cette inquiétude, et prudence en tête depuis quelque temps. Une forme de prévention, nécessaire, vu le contexte familial, déjà beaucoup trop fragilisé par la maladie, successivement.

Des « facteurs à risque », comme disent les spécialistes froidement, un « foyer pathogène » indéniable, donc sensible.

Ma grand mère maternelle d’abord, en mémoire. Sans remonter évidemment plus loin la nécrologie familiale (aucunement l’envie), m’arrêtant donc à ce qui a concerné directement les miens.

Ainsi frappée dans mon plus jeune âge par le cancer du sein. A une époque effectivement où les progrès médicaux n’étaient pas encore assez avancés en ce domaine. Ce qui a bouleversé la vie de ma famille.

Et ma mère, malade à son tour, depuis 5 ans et plus. Ce que nous redoutions de longue date (sans toujours le formuler, bien évidemment). A l’issue fatale de surcroit.

Un diagnostic trop clair. Comme un couperet, sans retour possible, précisé il y a 2 ans, par les professionnels de la santé. Ceux sollicités à proximité, ou relativement réputés, assurant son suivi médical.

Une angoisse profonde, dévastatrice, vivant les un(e)s les autres comme nous pouvions, avec ce constat extrêmement difficile, à fortiori.

Cela dit, Maman restait toujours très positive pour les siens, et elle même. Une force incroyable. Et ceci sans que les équipes médicales n’aient finalement jamais trouvé l’organe source de ses métastases.

Peut-être celui déjà enlevé, je ne sais. Ce qui est resté hypothétique (sauf erreur).

Dans ce contexte déjà grave, elle n’a vraiment pas eu de « chance ». Une autre ablation eu lieu, d’un rein, celle-ci inutile, il n’y a pas si longtemps, exécutée sur un mauvais signe : une « tache » confondante en IMR. Donc pour rien !

Et enfin, deux déshydratations, dernièrement (sans rentrer dans les détails), sur d’inappropriées prescriptions et absence de contrôle médical strict, constatés, ayant accéléré sa fin de vie.

De quoi bien irriter nos nerfs, au bas mot ; sans parler de nouveau ici de certaines perturbations autour, qu’il a fallu gérer en urgence.

J’ai imaginé (certainement pas le seul) d’autres oncologues possibles, de par le monde, sans être en mesure d’imposer ce type de choix, car bousculant les traitements.

Et une contrainte de plus quant aux transports, à la fatigue, ou à la vie tout court. Une responsabilité délicate vraiment. Malheureusement…

Ainsi, j’ai « pu » (un bien grand mot) me sentir concerné progressivement par tout danger similaire mesurable ou décelable chez moi, et de façon précoce.

Heureusement, comme attendu, les échographies m’ont rassuré sur l’état de mes organes passés en revue.

J’irai cela dit certainement faire séquencer mon génotype, en avoir la composition. De quoi prévoir l’avenir un peu mieux, vis à vis des risques de contracter telle ou telle maladie. Si tant est que j’en ai les moyens.

Et peut-être même essayer au plus vite de bénéficier d’autres technologies nouvelles, les dernières avancées en la matière, pour mes proches et moi-même.

Comme j’y ai pensé trop tardivement pour ma Maman. N’ayant obtenu ces informations que récemment, notamment via mes lectures sur le net. Une veille permanente de tout un chacun(e), rien de plus.

En septembre dernier, j’ai alors évoqué avec l’un des médecins disponible de la clinique, en rendez-vous, pas le meilleur malheureusement (et c’est un faible mot), les prélèvements, possibles, de cellules saines, afin de les implanter plus tard, là où le matériel génétique déraille.

Elle m’a confirmé que le stade de la maladie était trop avancé chez ma mère, pour contrer de la sorte le mal qui la condamnait.

Maintenant, s’il nous arrivait telles complications physiques (ce qui est assez probable en notre époque, bien mal nous en faut), avoir en amont prévu les meilleurs solutions, dont celles-ci aurait de quoi rassurer un minimum.

Et sans obsession manifeste, ne souhaitant à personne d’être hypochondriaque, pas plus de le devenir.

31 octobre 2013 – 22:01

Comme dans Voyage au bout de l’enfer, les personnes, de l’intime familial, disponibles et encore là (je voulais élargir ce premier cercle à quelques amis), revivent et partagent la tristesse, à la maison.

Avec quelques victuailles ci ou là, que j’ai plaisir aussi à amener, de la cuisine, la parole parfois éteinte.

Avant de chanter, tous ensemble, les plus tardifs, pour affronter la solitude et l’absence, ce départ de Maman.

C’est le moment de composer avec les conflits récents, comme anciens, les dépasser. Et trouver la force de rire un peu. Cette joie, avec les grands enfants maintenant, qui donne du sens à la vie, et que notre mère voulait pour nous.

Inquiet pour Papa, nous avons pris l’air ensemble, bravant le froid, sa respiration, car il est lui, isolé parfois, dans ce huis clos du couple défunt.

Le début de la torpeur, comme une libération d’après la maladie, longue et envahissante pour leurs liens.

19 septembre 2013 – 16:41

Ma mère ne sort pas de l’hôpital. L’impression qu’elle est un cobaye de la médecine. Ne sais pas quoi dire. Elle dort tout le temps. Les traitements ? La maladie ? La chimio ?

Pleurs, je ne veux pas qu’elle ait cette vie là, enfermée dans son lit. Je ne veux pas qu’elle parte maintenant. Papi & Mamie, Pépé ont vécu au delà de 80 ans. Elle a droit à celà.