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31 octobre 2013 – 22:01

Comme dans Voyage au bout de l’enfer, les personnes, de l’intime familial, disponibles et encore là (je voulais élargir ce premier cercle à quelques amis), revivent et partagent la tristesse, à la maison.

Avec quelques victuailles ci ou là, que j’ai plaisir aussi à amener, de la cuisine, la parole parfois éteinte.

Avant de chanter, tous ensemble, les plus tardifs, pour affronter la solitude et l’absence, ce départ de Maman.

C’est le moment de composer avec les conflits récents, comme anciens, les dépasser. Et trouver la force de rire un peu. Cette joie, avec les grands enfants maintenant, qui donne du sens à la vie, et que notre mère voulait pour nous.

Inquiet pour Papa, nous avons pris l’air ensemble, bravant le froid, sa respiration, car il est lui, isolé parfois, dans ce huis clos du couple défunt.

Le début de la torpeur, comme une libération d’après la maladie, longue et envahissante pour leurs liens.

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31 octobre 2013 – 18:30

La nuit tombée sur le cimetière. Une protection, finalement, à la vue de l’inhumation, trop brutale, d’expérience, surtout là, et déjà épuisé d’avoir tant pleuré.

La maison, ici, derrière les arbres, pas loin.

Des roses pour nous tous, amenées par ma belle soeur. La lumière des phares du corbillard, pour deviner où déposer ce dernier geste fleuri, avant la fin.

Penché, délicatement, comme pour allumer un cierge plus tôt, avec l’intime besoin d’arrêter le temps, le rendre non pas infini, mais s’y résoudre, communier avec l’au delà.

31 octobre 2013 – 15:45

Funérarium, les proches. Tant de choses passent dans ma tête. Quasi un coma, de l’esprit.

Nous voyons pour la dernière fois Maman. J’éclate en sanglots, chaque boulon posé sonne comme une prison à vie. Cet enfermement définitif nous fait tourner la page de notre amour partagé avec elle. Papa le vit mal aussi. Comme mon frère, et la famille autour…

Un mot laissé, et direction l’église, où nous allons saluer un à un tant de gens, à la mémoire de notre mère. Vivre cette cérémonie, la plus difficile, une épreuve.

31 octobre 2013 – 10:08

Vu Roland. Lui ai exprimé mes regrets, comme ne pas avoir passé des périodes seul avec Maman, davantage, tout le long de nos vies ; ne pas avoir obtenu un fauteuil roulant, « plus tôt » (même si remarcher à un moment était encore préférable pour elle) …