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15 novembre 2013 – 19:20

Tant de choses qui remontent. Sur nos vies, ensemble, du début à la fin. Des évocations, images et sensations, multiples, me définissant, dans notre chair, à l’infini.

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15 novembre 2013 – 01:27

J’ai toujours été mélancolique. Me regardant, de l’intérieur, élève, une introspection très jeune donc, ne sachant pas ce qu’est ce monde, me posant toutes les questions existentielles ; pendant que mes petits camarades jouaient ou répondaient aux questions des professeurs, globalement, d’années en années. Ceci ne s’est pas amélioré.

J’ai su qu’il s’était passé quelque chose de fondamental, dans ton vécu Maman, du temps de ma naissance, cette époque là. La perte de ta mère. J’ai grandi dans cette ambiance là.

Un seul souvenir physique d’elle, allongée sur un lit, malade.

S’il y a une chose à dire à un psy’, c’est ce début là, voilé, non exprimé, et enfoui. Une souffrance que j’ai du lire et ressentir dans tes yeux Maman, dans ton coeur, du temps de mon plus jeune âge.

Plus tard, un responsable scolaire s’était bien lancé du pont de Brotonne, proche de Jumièges, d’avoir culpabilisé toute sa vie, dès l’origine, oui, car survécu contrairement à son frère jumeau, à la naissance.

Un drame cloisonné dans l’inconscient. Une lente catharsis inachevée, sans échappatoire pour lui. Des milliers de camarades d’un coup concernés. Un hiver plein de cette communion triste, empli d’étoiles de souffrance, reliés ainsi à l’immensité et au désespoir.

L’angoisse de surcroit, d’avoir perçu son mal être peu avant, avec un ami d’alors, m’ayant initié à la spiritualité (cadrant ses excès). Comme un huis clos terrible, avant de recevoir la mauvaise nouvelle, et donc sa disparition, confirmée, en période de Noël.

Il y a des au revoir qui bouleversent, quoi qu’en disent les proches, pour vous protéger. Je me sais conditionné à cette souffrance (bien différente pour nous), dépassant les joies du quotidien, la routine et les nécessités.

J’ai ce caractère là, de cette histoire familiale, de sang, entre nous. Je ne m’en détache pas. Elle est en dessous, profonde. Désormais, tu es sortie de Terre, pour rejoindre l’au delà.

Je ne transmets malgré moi, aucune onde fragile, à cet enfant que je rêvais voir embrasser tes joues, te donner le sourire, de moi, à temps, n’étant pas Papa (ça a failli se faire, Barcelone en mémoire). Il n’y a pas de cycle, filiation interrompue, à mes entrailles.

J’espère que mes neveux n’auront pas d’altération psychique, de ton envol. Mon frère et leur mère ont beaucoup d’amour pour leurs progénitures ; comme mon Papa…

Je ne les sens pas se perdre dans un deuil trop lourd, communiqué malgré eux par leurs ainés.