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2 novembre 2013 – 18:03

Tu es en place 3. J’avais pas vu. Il fait sombre maintenant. Le train de 18h03 passe le viaduc. On entend quelques chiens au loin. Et les voitures sur la nationale viennent comme le bruit du vent, perpétuel, orchestrer une musique avec le cliquetis de la pluie qui redouble. Des oies ou canards aussi, se font entendre.

Je mets la capuche. Allez, t’aime Maman.

Des picotements dans le coeur…

C’est si triste le chemin là vers la maison sous la pluie, dans la nuit. Angus & Julia Stone à nouveau pour rythmer mes pas après un appel manqué, faute de réseau stable. La longue ligne droite et les lettres du portable qui ne répondent plus sous les gouttes, cette lumière qui se brouille.

Final de la chanson. J’avais vu ton ex collègue là, croisé, dimanche dernier. Allez, au chaud. Chez toi Maman, chez nous, avec Papa qui m’attend. 18h21

2 novembre 2013 – 17:50

Là, je reviens vers toi. Des fauteuils roulants, ce que je n’ai « réussi à obtenir » pour toi au bon moment, attendent ici les personnes ayant un handicap.

Il va faire nuit. Il crachine maintenant.

La tombe de ta maman n’est pas loin. Celle aussi de ton père, mutuelle. Comme d’hab’, je ne la retrouve pas. Même si on est passés la voir hier avec mon frère…

Les lumières sur la ville sont là. Ma douce me contacte. Je vais rentrer. Il va faire nuit.

Certaines tombes plus bas que toi Maman, sont prêtes à disparaitre. Ca fait froid dans le dos. Dans 50 ans, tu seras certainement négligée par notre absence et notre mort aussi. Mais on sera là haut avec toi. Ou ailleurs. Nos âmes pour l’éternité déjà réunies.

Papa m’appelle. Je reviens à la maison. On va voir le volley avec sa soeur. Mon frère et les siens étaient chez la famille de son fils à midi. On a vu mon oncle ce matin.

Je te passe le bonsoir de Papa. Il te parle déjà. Vous vous parlez déjà. Je le rappelle pour le rassurer.

2 novembre 2013 – 17:23

Ca veut rien dire tout ça.

Maman t’es sous terre, je voudrais t’en sortir. Ou dans le ciel. Au milieu de tous ces morts. Ou on va tous un jour ou l’autre. Mais là ne plus te voir… Ca me semble tellement irréel.

On a pas assez fait de choses ensemble. Juste toi et moi.

J’ai du mal à respirer. Je m’éloigne. T’es là haut.

Des spasmes.

Il pleut. Je me calme Maman.

On est avec toi.

J’ai reçu un message de Noam Chomsky. Il est désolé. Un de Denis Robert. Les ami(e)s…

Viens la pluie, tombe, chasse tous les malheurs.

Une averse. Pleurer d’autres morts avec toi m’est difficile. Je m’abrite.

Le cimetière ici, … je n’ai jamais aimé cet endroit.

Les pieds mouillés, tête lourde, yeux comme arrachés.

Tu es derrière le drapeau. J’aimerais l’enlever. Mais c’est comme un repère.

J’imagine en dessous, la nuit, le silence. On t’a vu au funérarium, ton corps une dernière fois. Les verrous ont choqué comme un anéantissement. Je déteste l’enfermement.

Papa m’a dit que ça l’a beaucoup affecté de te voir à ce moment là, pour la dernière fois.

De la bande de copains des parents, Maman est partie en premier.

Ils étaient tous là. On a beaucoup pleuré, mais aussi repensé à la joie, à tous les bons côtés, toi Maman, …

Ce n’est pas juste.

Je regarde les photos de toi, sur mon portable. De quoi te ramener à la vie, quelques instants. Au delà de mes pensées permanentes.

Les photos me font aussi pleurer maintenant.

Chain my name de Poliça pour me sortir de la torpeur. M’envoler vers toi. Comme l’autre fois dans la campagne. Benjamin m’avait par sms. Le vent soufflait. Et l’envie d’hurler. Oui, dimanche dernier.

Nous sommes samedi. On t’a vu dans tes derniers instants, avec Papa, sans le savoir. Je t’ai dit je t’aime. Tu avais de petites crispations. Je ne saurais si tu comprenais que nous étions là.

Le soir, Papa a reçu la nouvelle, après 22h au téléphone. Et on est venu te voir, comme le lendemain matin. Mon oncle était là. J’ai pleuré comme une madeleine, sans voix, mon frère au téléphone.

2 novembre 2013 – 16:50

Si on m’avait dit que je ferai ce trajet pour voir la tombe de ma mère, via les modestes propriétés, nouvelles, au dessus de la maison.

Une petite fleur rose du jardin, à la main, le papier alu’ pour se protéger des piquants.

Bientôt, je les aurais toutes déposées sur le sable mouillé, avant que la pierre tombale ne soit posée.

Ce temps gris, le froid. Les jambes en coton. Et les larmes, toujours.

Avec de la musique pour m’accompagner. Cette fois Yellow brick road d’Angus et Julia Stone. Puis de nouveau Wandering star et Lay your cards out de Poliça.

Le château d’eau à côté, comme repère, de loin. Le bois, derrière, celui de notre enfance, comme celle de Maman.

Des vaches ici, dans leurs pâturages de plus en plus restreints, longeant la nationale qui descend.

Des corbeaux survolent des jardins vides et grillagés. Le vent souffle les nuages en rase-motte. Et la pluie arrive, son cliquetis se mêle aux cloches de l’église.

2 novembre 2013 – 15:05

J’envoie un petit mot de remerciements pour une partie (l’essentiel) du personnel de la clinique M’, ayant assuré les soins médicaux et accueil pour Maman, en cette fin de vie.

On les avait salué, avec Papa, celles et ceux positifs, et présents (samedi soir, et dimanche dernier), pour Maman, leur témoignant de notre affection…

J’en ai parlé à Papa et mon frère. Ils mettront peut-être un petit quelques chose.

Aux ambulanciers, femme de ménage à domicile, Clinique St H’, il me semble aussi, à la suite…

Nos pensées pour Maman.

2 novembre 2013 – 15:03

J’envoie un petit mot de remerciements pour une partie (l’essentiel) du personnel de la clinique, ayant assuré les soins médicaux et accueil pour Maman, en cette fin de vie.

On les avait salué, avec Papa, celles et ceux positifs, et présents (samedi soir, et dimanche dernier), pour ma mère, leur témoignant de notre affection…

J’en ai parlé à Papa et mon frère. Ils mettront peut-être un petit quelques chose.

Aux ambulanciers, femme de ménage à domicile, oncologues, l’autre Clinique précédemment, il me semble aussi, à la suite…

Nos pensées pour Maman.